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J'ai fait du marketing sans le savoir : mon histoire de prof de yoga

De La Redoute à mon studio de yoga à Toulouse, puis la crise du Covid : comment j'ai fait du marketing sans le savoir, et ce qui m'a vraiment aidée.

J'ai fait du marketing sans le savoir : mon histoire de prof de yoga

On me demande souvent comment j'ai réussi à vivre du yoga. La vraie réponse va peut-être te surprendre : j'ai fait du marketing. Sauf qu'à l'époque, je ne l'appelais pas comme ça. Et c'est justement ce que je veux te raconter.

Un cours par semaine, gratuit, à La Redoute

Tout a commencé en 2014, à Lille. Je travaillais chez La Redoute, et j'ai proposé de donner un cours de yoga par semaine à mes collègues. Bénévolement. Juste pour partager ce qui me faisait du bien.

Semaine après semaine, les retours étaient positifs. Et moi, je sentais quelque chose de très clair : j'étais faite pour ça. Ce n'était pas une envie passagère, c'était un métier. Le mien.

Je ne me suis pas demandé si ça allait marcher. J'en étais convaincue, au fond de moi. Avec le recul, je crois que cette conviction a été mon premier atout.

Quitter 15 ans de salariat pour travailler pour moi

J'avais passé plus de quinze ans dans le salariat, comme styliste et graphiste. Quand j'ai décidé de faire du yoga mon métier, une chose était sûre : je ne voulais pas enseigner chez les autres. Je voulais créer mon propre lieu.

En 2016, j'ai ouvert mon studio à Toulouse, boulevard Matabiau. Plus de 100 m², à côté d'un métro. Et surtout, dans un quartier où il n'y avait aucun cours de yoga : tous les centres étaient en centre-ville.

Je ne le savais pas encore, mais je venais de faire mon premier choix marketing : m'installer là où on avait besoin de moi, plutôt que là où tout le monde était déjà.

Six mois pour me faire connaître

Mon passé de styliste et de graphiste m'a donné une chose précieuse : la créativité. Alors j'ai bougé. Beaucoup.

  • J'ai lancé des ateliers et des événements, des yoga brunchs.
  • J'ai invité d'autres intervenants à venir partager leur pratique au studio.
  • J'ai proposé du yin yoga, encore très peu développé à Toulouse. C'est par cette pratique que j'avais commencé à enseigner, et elle a tout de suite trouvé son public : c'est vite devenu le cours qui marchait le mieux au studio.
  • J'ai imaginé une formule à la carte, avec beaucoup de cours et de styles différents, pour que chacun trouve sa pratique.
  • Et je postais beaucoup sur Facebook : des photos plus légères, plus modernes que ce qu'on voyait autour du yoga à ce moment-là.

En moins de six mois, on parlait du studio. Les gens venaient parce qu'ils en avaient entendu parler.

Le Yin est resté au cœur de mon enseignement. Aujourd'hui, j'ai déposé une demande d'enregistrement de ma formation de professeurs de Yin Yoga auprès de France Compétences. Elle est en cours d'examen : j'espère qu'elle aboutira, pour pouvoir transmettre cette belle pratique au plus grand nombre.

2017 : le déclic à Rishikesh

En 2017, je suis partie en Inde, en retraite avec mon professeur de yoga. Et là-bas, à Rishikesh, j'ai eu un déclic. Donner des cours collectifs ne me suffisait plus. J'avais envie d'aller plus loin : former à mon tour.

Je me souviens d'avoir dit à mon compagnon : « On va créer notre première formation, en Ashtanga. » Et c'est ce que j'ai fait. Je l'ai annoncée sur mon site, j'en ai parlé autour de moi… et elle s'est remplie assez vite : quinze personnes, ravies de pouvoir se former. La plupart enseignent aujourd'hui, et plusieurs ont ouvert leur propre studio.

Depuis, je n'ai jamais arrêté. Ashtanga, Hatha, Hatha Vinyasa, Vinyasa, Yin, Breathwork… Je n'ai jamais fait le compte exact, mais j'ai formé environ 500 personnes depuis 2017.

Puis le Covid est arrivé

Après le Covid, tout est devenu plus difficile. Il y avait de moins en moins de monde aux cours. Et de moins en moins de personnes prêtes à payer elles-mêmes leur formation.

Heureusement, Sattva était certifié Qualiopi : mes formations pouvaient être prises en charge par des financements comme le CPF. Mais ça ne suffisait pas. Il fallait trouver d'autres solutions.

C'était l'époque où les tunnels de vente commençaient à se faire connaître. Peu de gens les utilisaient, et moi, je n'y connaissais rien. Je n'étais pas du tout technique. Tout ce qui touchait à la technique du marketing me paraissait hors de portée.

Alors j'ai fait ce que beaucoup font : j'ai investi. Beaucoup d'argent, dans des formations et des accompagnements. Et au lieu de m'aider, tout ça m'a submergée. Trop d'outils, trop de méthodes, trop de choses à mettre en place en même temps. Je me sentais oppressée plutôt qu'accompagnée.

Le plus surprenant, c'est que ce ne sont pas les formations les plus chères qui m'ont fait grandir. Certains accompagnements m'ont coûté très cher et ne m'ont pas apporté grand-chose. Ce qui m'a vraiment aidée, ce sont les choses les plus simples : de petites formations très pragmatiques, qui allaient à l'essentiel, avec des actions concrètes à mettre en place tout de suite.

Aujourd'hui, ces outils qui me faisaient peur me paraissent faciles. Pas parce que je suis devenue experte en technique, mais parce que j'ai appris à ne garder que ce qui sert vraiment.

Et j'ai compris autre chose, de plus profond. On vit dans un monde très masculin, très yang : toujours dans l'action, toujours à faire plus. C'est exactement ce que je faisais en accumulant les formations. Or ce qui m'a remise sur mon chemin, c'est l'inverse : me reconnecter à ma créativité. Me laisser traverser par mon intuition, par ma créativité innée, par la douceur, par l'écoute. Pas seulement faire, mais être.

Ce que j'ai compris plus tard

Quand je relis ces débuts, je vois tout ce que j'ai fait sans y mettre de nom :

  • Choisir un quartier sans concurrence, c'est du positionnement.
  • Proposer le Yin, encore rare, et que j'aimais enseigner, c'est se différencier.
  • Créer une formule à la carte, c'est construire une offre.
  • Organiser des événements et inviter des intervenants, c'est créer une communauté et faire parler de soi.
  • Poster des photos qui me ressemblaient, c'est avoir une image de marque.
  • Annoncer ma première formation sur mon site et en parler autour de moi, c'est lancer une offre.

Tout ça, c'est du marketing. Pas le marketing froid et agressif qu'on imagine. Le marketing qui consiste simplement à faire savoir que tu existes, et ce que tu apportes.

Pourquoi je te raconte tout ça

En formant toutes ces personnes, je vois souvent la même chose : des profs passionnés, bien formés, généreux… qui n'arrivent pas à remplir leurs cours.

Pas parce qu'ils sont moins bons. Parce qu'ils pensent que le marketing n'est pas pour eux. Que c'est compliqué. Que ça ne va pas avec les valeurs du yoga. Alors ils attendent que les élèves viennent d'eux-mêmes. Et souvent, ils s'épuisent.

Moi, j'ai eu la chance d'arriver avec un regard de créative et quinze ans d'entreprise derrière moi. Et pourtant, je me suis perdue moi aussi, dans la technique et dans des formations qui en promettaient trop. Ce que j'en retiens : le marketing, ça s'apprend. Ce n'est pas un talent réservé à quelques-uns, et ce n'est pas une montagne d'outils. Ce sont des choix, des gestes simples, répétés avec régularité.

Et toi ?

Si tu enseignes déjà, ou si tu t'apprêtes à te lancer, pose-toi ces trois questions :

  1. Qu'est-ce que je propose que les autres ne proposent pas, là où je suis ?
  2. Est-ce que les personnes qui ont besoin de moi savent que j'existe ?
  3. Est-ce que ma façon de communiquer me ressemble vraiment ?

Si l'une de ces questions te met mal à l'aise, c'est normal. C'est souvent là que tout commence.

C'est pour t'aider à y répondre que j'ai créé Shakti Yoga Business. Shakti, c'est l'énergie créative et féminine. Je l'ai appelée ainsi parce que je crois qu'on peut développer son activité autrement qu'en forçant : en partant de qui l'on est, de son intuition et de sa créativité.

Je l'ai voulue comme les formations qui m'ont vraiment aidée : pragmatique, centrée sur l'essentiel. On y travaille ton positionnement, ton offre et ta communication, pas à pas, avec ta personnalité, pas contre elle. Elle prépare la certification « Optimiser la commercialisation et la communication de services sportifs sur Internet et sur les réseaux sociaux » (RS7033), éligible au CPF.

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Ici, tu es à la bonne place. 🌿

Faty Kara, fondatrice de Sattva Yoga Shala

Photo : Amandine Morel

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Pratique chez Sattva Yoga Shala

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