« Les réseaux sociaux, c'est pas mon truc. » « Le marketing, je ne sais pas faire. » « Moi, je veux juste enseigner. »
Ces phrases, je les entends dans presque toutes mes formations. Et chaque fois, je réponds la même chose : le marketing est indispensable à ton activité. Tu n'es pas seulement prof de yoga. Tu es aussi community manager, comptable, secrétaire. Tu es multicasquette.
Et je vais te dire quelque chose qui risque de te piquer un peu : enseigner, ce n'est pas ce que tu vas faire le plus. Tu vas passer beaucoup plus de temps sur ton marketing, ta comptabilité et ton administratif. Ton métier de prof, tu le feras à côté.
Ce n'est pas pour te décourager. C'est pour que tu partes avec les yeux ouverts. Voici ce que j'ai appris, en ouvrant mon studio en 2016 puis en formant des profs depuis 2017.
Les élèves ne viennent pas pour ton niveau
On pense souvent qu'il faut être la meilleure pour remplir ses cours. Alors on enchaîne les formations, on perfectionne ses postures, on approfondit l'anatomie. Et on attend que les élèves arrivent.
Moi aussi, j'ai fait beaucoup de formations. Mais quand j'ai ouvert mon studio, j'ai fait venir de nombreux profs. Même si j'avais de l'expérience, parfois plus qu'eux, je savais une chose : les élèves viennent pour l'énergie de la personne.
Certaines n'aimaient pas forcément mon énergie. Elles préféraient une prof plus calme, plus douce, plus effacée. D'autres préféraient un homme. Et c'était très bien comme ça.
Avoir un super niveau de yoga, ce n'est pas ce qui fait de toi une prof que les gens choisissent. Ce qui les fait venir, c'est ce que tu dégages. Alors la vraie question n'est pas « suis-je assez bonne ? », mais « est-ce que les personnes qui vibrent avec mon énergie savent que j'existe ? »
On peut être à l'aise avec l'argent… et ne pas oser se vendre
J'ai grandi dans une famille où l'argent était un peu tabou. Quand des tantes voulaient nous en donner, ma mère refusait. Comme si l'argent n'était pas bien, comme s'il était sale. Il ne fallait pas trop en parler.
Pourtant, quand je suis devenue entrepreneuse, je n'ai jamais eu honte de faire payer mes services. J'étais même parfois un peu trop stricte : sur les renouvellements de cartes, sur les demandes de prolongation. Je faisais crédit, je laissais payer en plusieurs fois sans problème. Mais sur l'argent, j'étais carrée.
Là où je bloquais, c'était ailleurs : me vendre. Annoncer à la fin d'un cours « il y a un atelier samedi, une retraite le mois prochain, inscrivez-vous ». Ça, j'avais beaucoup de mal à le faire.
Je me souviens d'une prof que j'avais invitée à animer un atelier au studio. J'ai accueilli beaucoup d'intervenants, venus de plusieurs villes de France. Je lui ai dit que son atelier ne se remplissait pas. Elle m'a répondu : « Il faut que tu apprennes à les vendre à la fin de tes cours. Moi, j'en parle à mes élèves. »
Sur le moment, ça m'a un peu choquée. Puis je me suis dit : c'est vrai. Moi, je n'ose pas.
Si tu te reconnais, sache que tu n'as pas un problème avec l'argent. Tu as peut-être simplement du mal à te mettre en avant. Ce n'est pas la même chose, et ça se travaille.
Tu n'as pas besoin de tout savoir pour être légitime
Au début, je ne me suis jamais demandé si j'étais assez bien ou assez expérimentée. J'étais tellement convaincue que c'était ma voie que la question ne se posait pas.
Quand j'ai lancé ma première formation de professeurs, mon studio avait un an. Mais je pratiquais le yoga depuis sept ou huit ans. Certains concurrents ont pourtant dit que je n'étais pas assez expérimentée. Moi, je me sentais à ma place.
Les doutes sont venus plus tard, par petites touches. Et ils ne portaient pas sur mes connaissances. Ils portaient sur mon énergie. J'ai mon caractère, ma façon de dire les choses. Je ne plais pas à tout le monde, et je le sais.
Je sais aussi qu'il y a des choses que je ne maîtrise pas complètement. En anatomie, j'ai des connaissances, mais je ne suis pas aussi pointue que certains profs. Ma pratique n'est pas non plus hyper avancée. Et c'est ok. J'accepte de ne pas tout savoir.
La légitimité, ce n'est pas tout savoir. C'est être en paix avec ce que tu sais, et avec ce que tu es.
Le métier que personne ne t'apprend
J'ai fait beaucoup de formations de yoga. Aucune n'a vraiment parlé de business. Seule une formation Ashtanga, en Thaïlande, a évoqué à la fin les retraites, les stages et les ateliers qu'on pouvait organiser. C'était très basique.
C'est pour ça que, dès ma toute première formation, j'ai demandé à mes élèves d'imaginer un projet sans limite, seuls ou en groupe, et de nous le présenter. Je crois que ça a réveillé quelque chose en eux : on n'est pas là seulement pour apprendre le yoga. On est là aussi pour créer un projet qui nous plaît, qui nous nourrit.
Et depuis le début, dans toutes mes formations, il y a un stage pratique. À la fin de la formation, chaque élève doit trouver un lieu de stage. J'en ai moi-même accueilli au studio, dans ce que j'avais appelé la Yoga School : des cours à 6 ou 8 €, donnés par des élèves en formation.
C'est souvent là que tout bascule. Avant le stage, beaucoup sont encore élèves dans leur tête. Elles ne se sentent pas légitimes pour enseigner tout de suite. Pendant le stage, elles se révèlent. Et elles deviennent professeures.
Certaines ont ensuite enseigné chez moi. Coraline a travaillé pour moi. Aujourd'hui, François et Angélique, que j'ai formés au Reformer, donnent des cours au studio, tout comme Manuela, que j'ai formée au Yin.
Le jour où mon corps a dit stop
En 2018, j'avais ouvert quatre studios. Je gérais les quatre salles, plus de quatorze profs, toute l'administration, la comptabilité. Il n'y avait pas l'IA à l'époque : on faisait tout soi-même. Je travaillais sept jours sur sept et je donnais beaucoup de cours.
Mon corps a fini par lâcher. Hyperthyroïdie, surmenage, épuisement. J'ai maigri, mon taux de fer a chuté, le stress ne me quittait plus.
Puis le Covid est arrivé, et il m'a obligée à ralentir. Je me suis ouverte à la spiritualité, à l'énergétique, à des choses qui ne m'intéressaient pas forcément avant. Ça a été un tournant.
J'ai fermé les studios, les uns après les autres. Et je n'ai rien regretté. J'ai senti que c'était la bonne chose. Comme si l'univers me faisait comprendre que je n'avais pas besoin de tout ça, qu'avoir plusieurs studios ne servait à rien. Ce n'était pas là qu'il fallait aller.
Je ne vais pas te dire que j'ai tout résolu. Je travaille encore beaucoup. J'ai toujours du mal à déléguer. Je n'ai pas forcément envie de grandir encore, mais je n'ai pas envie non plus de passer mes journées derrière un ordinateur. Je cherche encore le bon équilibre pour prendre soin de moi.
Si je te raconte ça, c'est parce que je vois tant de profs s'épuiser à vouloir tout porter seules. Vivre du yoga ne doit pas te coûter ta santé.
Mais attention à ne pas tout confondre. Récemment, une élève m'a dit : « Tu postes beaucoup, tu dois être épuisée. » Rien que de me voir publier tous les jours, ça la fatiguait. Je lui ai répondu : « Non, je suis organisée. »
Pour moi, poster est un plaisir. J'ai envie de partager. C'est une extension de mon métier : je transmets en formation, en cours collectifs, et aussi sur les réseaux. Ce qui épuise, ce n'est pas de communiquer. C'est de tout faire sans organisation, seule, et à contrecœur.
Vivre de sa passion, ça se mérite
Voilà la phrase que j'aimerais que tu gardes de cet article : vivre de sa passion, ça se mérite.
Ça demande une certaine abnégation pour aller jusqu'au bout de ses rêves. C'est pour ça que tant de personnes gardent un métier alimentaire : elles n'osent pas aller au bout. Mais si tu as choisi de faire le métier de tes rêves, il faut t'en donner les moyens. Rien n'est facile.
S'en donner les moyens, ce n'est pas tout faire en même temps. C'est accepter que ton métier ne s'arrête pas au tapis, et apprendre l'autre moitié : faire savoir que tu existes, construire une offre claire, oser en parler, sans t'oublier en route.
C'est pour t'accompagner sur ce chemin que j'ai créé Shakti Yoga Business. Une formation pragmatique, centrée sur l'essentiel, pour construire ton positionnement, ton offre et ta communication pas à pas, avec ta personnalité et ton énergie, sans forcer. Elle prépare la certification « Optimiser la commercialisation et la communication de services sportifs sur Internet et sur les réseaux sociaux » (RS7033), éligible au CPF.
Découvrir Shakti Yoga Business
Et si tu n'as pas encore lu le début de mon parcours, je te le raconte ici.
Ici, tu es à la bonne place. 🌿
Faty Kara, fondatrice de Sattva Yoga Shala
Photo : Amandine Morel

